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jeudi 10 décembre 2015

L’Afrique de l’ouest commente l’accord de 29 pages présenté hier par le président de la cop21


Kenneth Nana Amoateng, Membre de la délégation Ghanéenne à la COP21

« Je ne suis vraiment pas d’accord avec ce texte qui à mon avis n’est pas assez ambitieux. Des pays comme les Etats s’opposent encore à la question des pertes et profits et il n y a pas d’avancement sur la question du financement. Il faut aussi aller vers l’équilibre entre l’adaptation et l’atténuation comme tous les africains le souhaitent. Je trouve que cette COP est très relaxe, les gens ne donnent pas l’impression qu’ils veulent avancer. En parcourant le texte j’ai perdu tout espoir et je pense peut être qu’il faudra attendre la COP 22 au Maroc pour espérer trouver un accord. En entendant les populations de nos pays très vulnérables continuent de souffrir et de mourir à cause des effets des changements climatiques »


Dominique Bally, ONG jeune volontaire pour l’environnement Côte d’Ivoire
« Dans ce texte qui est passé de 48 à 29 pages, les seuls efforts qui ont été faits c’est dans la réduction des paragraphes et des pages, mais dans le fond il y a encore beaucoup de points qui restent à  être élucidés. Il s’agit de la question de l’adaptation qui est une préoccupation majeure pour les pays africains et les pays insulaires. Il y a la question financière qui n’est pas encore clarifiée, ils nous demandent d’attendre 2020 pour boucler des financements additionnels. On se demande alors comment les activités vont être financées entre 2016 et 2020, il y a aussi un flou sur les critères d’éligibilité au Fonds après 2020. La question des pertes et profits a été pris en compte mais pas suffisamment pour parer aux catastrophes que connaissent les populations africaines. Nos négociateurs ont travaillé jusqu’à 2 heures du matin, nous pensons pouvoir aboutir à un accord qui peut être contraignant mais pas assez ambitieux. Pour preuve la question des 2 degrés qui a été revue à 1.5 degrés ce qui équivaut à rien. Je m’inquiète pour nos pays ouest africains côtiers où le taux d’humidité sera plus élevé avec des conséquences sur la santé des populations. Je suis déçu mais je veux espérer qu’on va trouver une solution dans les prochaines heures sinon ce sera une convention avec plusieurs protocoles additionnels.»


Dr Christian Ouédraogo, Ingénieur burkinabais à l’ENA de France, Observateur à la COP21
« Idéalement on voudrait que les négociations soient plus transparentes et que nous africains puissions avoir un regard sur les aspects qui nous préoccupent tels que l’adaptation, les pertes et préjudices, la disponibilité des fonds, la comptabilité. Les points qu’on souhaiterait qu’ils soient plus approfondis, c’est la prise en compte des objectifs du développement durable et que l’adaptation figure en bon et due place dans l’accord qui sera validé, je l’espère. Actuellement le débat ne porte pas sur l’obtention d’un accord mais à quel point il sera ambitieux. Pour nous l’ambition n’est pas seulement dans l’atténuation mais aussi dans l’adaptation qui comporte des aspects atténuation et on espère que ce point va évoluer. La différenciation tout comme l’équité ce sont des principes qui ont été admis et qui sont le fondement de la convention. Ce que nous voulons, c’est qu’on ne soit plus entrain de réinterpréter, de réécrire ou de réorienter la convention.  Ce serait retourner à la case de départ alors qu’on a ni le droit ni le temps de reprendre ce marathon. Il faut absolument que l’accord actuel situe clairement l’ambition, l’équité et la contribution historique des pays. Un accord dans lequel l’Afrique se reconnaitrait, c’est celui qui reconnait que notre continent a besoin de continuer à se développer sans compromettre les efforts sur les droits humains et le de développement durable. Et pour cela l’Afrique doit avoir l’appui de ce qui sont les principaux responsables ».

mardi 8 décembre 2015

L’Afrique donne de la voix à la COP21

Le PACJA (Panafrican Climate Justice Alliance) a battu le macadam pour dénoncer le contenu du nouveau texte au cœur des négociations et qui doit aboutir vendredi 11 décembre à un accord. Les organisations membres de l’alliance s’inquiètent que plusieurs thématiques importantes sont en train d’être occultées par les négociateurs. Mawusé Kodjo Hountondji dénonce déjà l’esprit d’un accord à minima.


lundi 7 décembre 2015

Le Sénégal prêt à renoncer à ses centrales à charbon mais pose un « Si » aux pays développés grands pollueurs



Dans sa Contribution Prévue déterminée au Niveau National (CPDN), le Sénégal prévoit de renoncer à ses centrales à charbons. Ce pays de l’Afrique de l’Ouest prévoit en effet la construction de quatre centrales à charbon dans différentes Zones côtières du pays. C’est une des pièces maitresses du Plan Sénégal Emergeant (PSE), censé apporter l’indépendance énergétique au pays qui tire 90 pour cent de son électricité du fioul.

Sponsors de la COP21: Peuples solidaires épingle le groupe Bolloré

Le groupe Bolloré, partenaire officiel de la Conférence des Nations unies sur le climat fait l’objet d’interpellation de la part de l’association Peuples solidaires atcionaid France. Dans une brochure, l’association s’est fait le porte-voix de populations camerounaises victimes du groupe à travers la société Socfin dont la Socapalm, plus grande entreprise productrice d’huile de palme brute du Cameroun est une filiale. 

« Le Sénégal est prêt à dérouler ses projets d’adaptation » Abdoulaye Bibi Baldé : Ministre de l’environnement et du développement durable



Après une semaine de conférence, les négociateurs africains viennent de présenter le texte que vous devez examiner ce lundi. Comment vous l’appréciez ?

Globalement il y a un texte, c’est une avancée à saluer même si des options demeurent. Nous leur avons indiqué, munis des orientations de nos chefs d’Etats, les orientions prises et rappelé les questions encore importantes à prendre en compte. Nous avons davantage posé des questions sur la nature de l’accord et son contenu. Il doit être contraignant donc sa forme juridique est importante mais aussi la prise en compte de l’équilibre entre l’atténuation et l’adaptation. Il faut  surtout des précisions sur les moyens de mise en œuvre notamment en matière de financement là aussi il y a des réglages à faire.

dimanche 6 décembre 2015

Un accord pour permettre aux paysans de nourrir l’Afrique de l’Ouest



« En 2009 J’ai perdu 5 hectares de riz à cause des changements climatiques » se souvient amèrement Mahamadou Fayinké. L’agriculteur Gambien explique que cette année-là, il avait emblavé ses rizières en espérant obtenir un bon rendement. Mais au final la pluie s’est arrêtée subitement faisant faux bond aux agriculteurs de ce pays de l’Afrique de l’Ouest qui partage une frontière avec le Sénégal.  Pour sauver sa production, monsieur Fayinké va investir dans un puits pour arroser son champ, mais c’était hélas trop tard, les plants de riz ne pouvaient pas être sauvés. 

lundi 30 novembre 2015

Marche pour le climat à Montpellier, Attentat ou climat : même combat !


 Photos : Arthur Bernard
L’interdiction de la marche pour le climat a-t-elle été finalement respectée ce dimanche 29 novembre ou serais-je arrivée trop tard ? A 14h30, sur la place de la Comédie à Montpellier, non loin du marché de Noël et autour de la fontaine centrale entourée de bouquets de fleurs en hommage aux victimes des attentats, un petit groupe de militants arrivés essoufflés en vélo se retrouve et s’interroge : où sont passés les marcheurs ?





mardi 24 novembre 2015

La COP 21 vue du Bénin : un exemple de discordance entre l’Etat et la société civile

Conformément aux décisions issues des deux derniers sommets en date, notamment la COP 19 de Varsovie et la COP 20 de Lima, les Etats devront présenter au prochain sommet de Paris, ce qu’il convient d’appeler leurs « Contributions Prévues Déterminées au Niveau National (CPDN) », connu sous le vocable anglais Intended National Determined Contribution. Lors d’une sortie médiatique le 4 septembre 2015, le Gouvernement, par la voix du Ministre de l’Environnement chargé de la gestion des changements climatiques Théophile Worou, avait officiellement dressé le tableau des préparatifs du Bénin. L’autorité avait à cet effet indiqué que le Bénin avait déjà fait acheminer son rapport depuis le 7 août 2015 au Secrétariat Exécutif de la Conférence. 

Bio charbon: Manque de financements pour moderniser la production

La production artisanale du bio-charbon est de 100 Kg par jour. Elle pourrait atteindre une tonne si le processus se modernise. On estime pourtant la consommation totale de bois énergie (bois de feu et charbon de bois) à plus de 15,6 millions tonnes par an dans le pays. Il faut penser à étendre le projet à l’échelle nationale afin de couvrir les besoins. 

Côte d’Ivoire : Réduction des gaz à effet de serre, Du bio-charbon pour lutter contre le changement climatique

Pour faire face aux effets du changement climatique, la Côte d’Ivoire s’est lancée dans la production du bio-charbon. L’objectif est d’exploiter l’énorme potentiel de biomasse et juguler la déforestation qui menace le pays. Mais cet ambitieux projet, qui veut promouvoir la transition énergétique et une économie verte, se heurte à un sérieux obstacle : le financement

Côte d'Ivoire veut lutter contre le changement climatique


Ce projet parait banal. Mais il pourrait être révolutionnaire. A Affery, le constat est frappant. Les populations prélèvent le bois vert dans les forêts. Tronçonné et séché, il sert ensuite pour la cuisson. Devant la plupart des habitations, de grands stocks de bois de chauffe sont accumulés. Pour le Dr Jules Afferi, chercheur à l’Institut de recherches sur les énergies nouvelles (Iren) de l’Université de Nangui-Abrogoua, à Abidjan, la production du bio-charbon va réduire la disparition des forêts et préserver la biodiversité. Ce qui permet de lutter contre le changement climatique.